L’EFFORT CHASSE LE NATUREL

Publié le par Wydyr

L’EFFORT CHASSE LE NATUREL

Notre existence ici bas est passée sous le contrôle total de la technologie et du mental. Notre soi disant évolution nous à certes libéré de certaines tâches physiques fastidieuses mais en contrepartie nous en a chargé d’autres. En effet il n’y a pas si longtemps de cela, l’humain accomplissait des efforts physiques naturels comme marcher pour aller à l’école ou au travail, danser, se mouvoir, jardiner, escalader des montagnes, se déplacer à vélo, activités qui maintenaient le corps physique en forme dynamique. De nos jours tout à changé, l’humain prend le métro pour se rendre au travail, l’automobile pour aller chercher son pain a 500 mètres, les mamans viennent chercher leurs enfants en automobile, on prend l’ascenseur ou l’escalator au lieu de l’escalier car on est toujours pressé : pressés de terminer ces choses de la vie.

C’est ainsi que notre corps perturbé par le rythme actuel ( tout va trop vite, on n’a pas le temps) perds de sa tonicité et pour compenser on se met un survêtement en polyamide et un écouteur sur les oreilles pour aller pratiquer une séance de jogging dans une atmosphère polluée par les gaz d’échappement et multiples odeurs et bruyances que l’on n’entend pas grâce à notre casque MP 3… On se dépêche de terminer les courses, le travail en cours ou le ménage pour se ruer dans une salle de fitness ou de musculation afin de maintenir notre corps en forme. Quoi qu’on fasse: préparer un week-end, se rendre à une séance de gym, faire du jogging, on reste toujours sous tension par un stress perpétuel.

On passe une bonne partie de notre temps à vouloir maintenir notre corps en forme par une multitude de techniques et régimes alors que celui-ci ne nous sert qu’à aller travailler pour produire de l’énergie.. C’est comme si on avait une automobile dont on n’avait pas vraiment besoin mais qu’on se sentait obligé d’utiliser afin d’éviter qu’elle ne rouille ou se détériore par non utilisation.

Depuis tout enfant notre vie n’est qu’une suite d’efforts et de contraintes : efforts pour apprendre une multitude de choses qui ne nous servent guère par la suite. Enfant, on passe des heures assis sur une chaise inconfortable qui nous bousille le dos et ensuite on nous oblige à aller faire de l’exercice physique qui nous ennuie à mourir (disciplines sportives scolaires) et après cette gym on revient s’affaler sur une chaise pour s’encombrer à nouveau la tête.

Dés qu’on est né en ce monde on est soumis à cette « loi de l’effort obligé »: effort pour porter le cartable, pour apprendre, pour retenir les leçons, pour soulever des poids, pour courir plus vite que les autres, pour sauter à la perche , pour être le meilleur en classe, puis plus tard efforts pour maintenir le corps en forme, pour gagner sa vie, pour obtenir le meilleur poste, pour payer ses impôts, pour trouver le compagnon ou la compagne idéale via un site de rencontre, pour payer le loyer, pour trouver le lieu idéal de vacances, pour maigrir ou grossir ; pour ne pas succomber à la tentation de manger ce qui réjouit notre palais ; efforts pour s’imposer une discipline alimentaire qui nous ôte tout plaisir de déguster un bon plat sans culpabilité tout en nous faisant croire qu’ainsi on sera en meilleure santé..

Tout semble se mériter ; rien ne parait plus naturel. C’est notre cerveau qui contrôle tout. Lui-même est supervisé par notre ego qui obéit à ceux et celles qui dirigent le monde : politiques, médias, religieux, éducateurs… le mot clé dans notre société est « il faut » ou « tu dois faire ceci, cela ». Ce n’est plus nous qui décidons ce qui est bon pour nous mais d’autres instances supérieures.

L’ego veut contrôler l’avenir et le passé. Il classe les photos et objets souvenirs du passé et les conserve précieusement car cela lui donne l’impression d’avoir vécu, et organise le futur a partir de ces données .Il veut tout savoir, tout prévoir, tout contrôler car il a peur de vivre sans repères. Le résultat est qu’on est soumis à un tel rythme de vie infernale qu’on traverse l’existence sans être réellement vivant. Tel un zombie robotisé on avance sans joie sur un chemin qui ne mène qu’au cimetière. Sur notre tombe on pourrait inscrire » ici git celui qui a traversé la vie sans être vivant »».

Certes nombreux sont ceux qui crient à tout va « carpe diem » mais combien d’entre nous vivent il cela en permanence ? Peu en vérité (et moi-même je fais partie du lot)

Le créateur nous à octroyé un corps parfait dont la plupart des fonctions vitales sont autonomes : on n’a pas besoin de penser à digérer, respirer, à se mouvoir ; nos cheveux poussent tout seuls et nos cellules se régénèrent sans aucune intervention de notre volonté… Quand on regarde la nature on peut percevoir l’harmonie universelle ; les arbres épousent la berge de la rivière et le flux de celle-ci suite les sentes de la vallée, tout est parfaitement « épousé » et « épousant » tous les règnes sont parfaitement harmonisés entre eux mais lorsqu’on regarde les villes créées par les humains on se rend bien compte qu’il y a quelque chose qui cloche : où est donc l’harmonie dans les cités industrielles, dans les zones commerciales constellées de magasins immenses en béton ?… Rien de tout cela ne peut réjouir notre âme.

Seul l’adulte manipulé par son elfe gris interne (ego) peut se réjouir car il peut acheter, construire, vendre, négocier, profiter, spéculer en ces lieux mais l’enfant en nous ne peut y trouver pas compte. L’enfant n’aime pas l’effort, il aime se laisser vivre et profiter de l’instant. Il se promène, court, joue à la balançoire, se jette dans l’eau escalade la montagne, chante, danse, rit et mange avec joie et appétit sans se prendre la tête, sans chercher à savoir si cela est bien ou mal, pour lui c’est naturel et ainsi son corps est maintenu en « forme » de façon naturelle, simplement en jouant avec la vie.. Il adore les surprises, la nouveauté, l’inconnu, l’inédit, le fantastique, l’imprévu car seule la découverte le réjouit.

L’adulte lui a peur de l’inconnu, de l’imprévu. Il a peur de découvrir certaines choses qu’il redoute, il à peur de penser à l’avenir, à la vieillesse, à la mort et pourtant il s’y dirige à grand pas et souvent il arrive au terme de sa vie sans avoir vraiment vécu. Alors que l’enfant savoure la vie tant qu’il est vivant !!!

Tant que notre âme et notre Enfant intérieur sont prisonniers des contraintes de ce corps et de cette vie illusoire nous ne pouvons trouver la plénitude. Alors chacun de nous peut dés aujourd’hui retrouver ce Naturel qui seul donne la joie de vivre .Reprenons plaisir de marcher, de nager, de communiquer de vive voix ( et non uniquement par internet ) d’escalader des montagnes, de grimper les escaliers quatre à quatre ou de les descendre en glissant sur la rampe ; de jouer avec un chien qui passe , de courir après un oiseau, et d’oublier nos salles de tortures musculaires et autres « fitness » et régimes de frustrations, nos vitamines en boite, nos stimulants pharmaceutiques.. Retrouvons notre naturel

La vie est simple alors pourquoi cherchons-nous tant à nous la compliquer ? uniquement pour faire plaisir à ceux et celles qui en profitent à notre détriment.. La révolution écologique passe par une révolution intérieure bio organique … retourner à l’essentiel et la simplicité peut sauver la Planète. Pour cela nous n’avons qu’un seul et unique effort à faire : lâcher prise de l’ego qui veut tout contrôler. Ne cherchons pas les petits gris manipulateurs à l’extérieur de nous mais observons ceux qui se sont installés en nos cerveaux et qui depuis ce point ne font que juger, comparer, analyser, cogiter, spéculer, disséquer et nous transformer en sortes de zombies robotisés n’avançant que sous les impulsions de la lumière électromagnétique et une soi disant technologie évolutive…

Serons-nous les humains de demain œuvrant pour cocréer un paradis naturel ? Ou les robots d’aujourd’hui engendrant des futurs infernaux dirigés par une technologie artificielle… c’est à nous de choisir.

Christian Duval Wydyr

4 Juillet 2014

Publié dans philosophie appliquée

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